mardi 12 août 2008

Oliver Twist (2005)

Réal : Roman Polanski

Après l'immense succès que fut THE PIANIST, avec lequel il obtenu finalement l'Oscar du meilleur réalisateur, Roman Polanski refait équipe ici avec le scénariste Ronald Harwood pour cette enième adaptation du célèbre roman de Charles Dickens. Au premier coup d'oeil, il est surprenant de voir Polanski explorer l'univers d'un des plus célèbres contes de Dickens, lui qui est plus habitué à ne pas faire dans la dentelle avec REPULSION (1965), ROSEMARY'S BABY (1968), CHINATOWN (1974) et LE LOCATAIRE (1976). Pourtant, OLIVER TWIST quiconque connait à la fois l'oeuvre de Dickens et la filmographie de Polanski ont tôt fait de saisir que ce film se situe dans la droite lignée du cheminement de la filmographie de son auteur.

C'est en voulant avant tout plaire à ses jeunes enfants que Polanski décida de se lancer dans l'adaptation d'Oliver Twist. Ce récit racontant l'odyssée d'un jeune orphelin vagabond dans les rues du Londres de l'époque victorienne avait tout pour faire résonner une corde sensible chez le réalisateur, lui-même un survivant du ghetto de Varsovie et ayant perdu ses parents qui furent exterminés dans un camp de concentration nazi. D'ailleurs on ressent vide la profonde empathie du cinéaste pour son personnage principal et l'univers qui l'entoure. De plus, la mise en scène énergique et somptueuse foisonne de multiples détails et bénéficie de décors époustouflants recréé avec minutie les bas-quartiers de Londres de l'époque, et d'où ressort un réalisme surprenant.

La progression manque un peu de rythme à l'occasion, particulièrement lors des trente premières minutes, mais le récit prend sa vitesse de croisière à l'arrivée de Ben Kingsley, tout simplement savoureux et méconnaissable dans le rôle de l'immonde Fagin. Qui plus est, le réalisateur n'hésite tout de même pas à enrober certains aspects du roman de Dickens de certains traits macabres et sinistres qui nous rappellent bien que l'on a affaire au cinéaste de ROSEMARY'S BABY. Pas surprenant que malgré son sujet grand public, que le Oliver Twist version Polanski s'est vu classé PG-13 aux États-Unis. Évidemment, on ne parle pas ici exactement du meilleur cru du cinéaste, mais l'ensemble est tout de même intéressant.

lundi 11 août 2008

Pékinoiseries

Ah, les Jeux Olympiques...
Oui, nous revoici trempé dans l'atmosphère des JO, grande célébration mondiale sur fond de paix et fraternité. Du moins c'était les intentions de Pierre De Coubertin, lorsqu'il fonda les Jeux Olympiques modernes, tenus pour la première fois à Athènes en 1896. Bien des choses ont changé depuis. Scrutons cela à la loupe un moment...

Pékin 2008. Les JO sont maintenant à l'image de la civilisation des années 2000. Un immense spectacle pompeux destiné surtout à flatter l'ego des dirigeants de diverses nations, d'une part (et particulièrement ceux du G8), et d'autre part, et TRÈS IMPORTANT, afin de servir les divers intérêts de ceux-ci. Il n'y a qu'à constater tous les aspects économiques en jeu : partenariats, commandites, publicités et j'en passe et des meilleures. Vraiment, pourquoi croyez-vous que le CIO s'est rabaissé à allouer la tenue des JO cette année au sein d'un pays qui fait fi ouvertement des droits universels de l'homme ? Un pays dont le régime politique est on ne peut plus dictatorial ? Simple : "Follow the money" comme disent les anglos-saxons à l'esprit si pragmatique. Un pays en plein milieu d'une croissance économique faramineuse, la Chine est tout simplement l'endroit tout indiqué pour conglomérats et corporations de toutes sortes pour brasser de grosses affaires, et quoi de mieux que les JO comme porte d'entrée...

Qu'en est-il de l'esprit sportif dans tout cela ? "L'important c'est de participer" est une des principales devises olympiques, visant tout d'abord à réunir les diverses nations en un point rassembleur. Pourtant, l'esprit de compétition est maintenant tellement appuyé aux JO que celles-ci s'en voient d'autant plus divisés. Oh, bien sûr, il y a bien les politesses d'usage, les convenances empreintes d'une empathie un tant soi peu affectée, mais entre vous et moi, et étant donné l'heure tardive propice à la réflexion, il est d'aise de soulever la possibilité qu'il y ait un brin de soif de gloire et de conquête qui animent les coeurs de tous ces athlètes et entraîneurs. Parlons-en aux trop nombreux athlètes qui se sont fait prendre la main dans le sac par divers cas de dopage.

Mais qu'à cela ne tienne, monsieur et madame tout-le-monde veut des médailles afin de pouvoir bomber le torse, comme pour se dire "Eille, c'est un ti-gars (ou tite-fille, c'est selon) de chez nous, ça!" Il y a bien les médaillés d'or qui bénéficient de toute cette attention, mais qu'en est-il des autres ? Ceux-ci sont les plus grands perdants de toute l'affaire, et ce à partir des médaillés d'argent. On se rappelle toujours des médaillés d'or. Les médaillés d'argent la moitié du temps. Les médaillés de bronze.... mmmm, c'est un peu plus difficile. Quant aux autres....

D'ailleurs, la situation du sport olympique au Canada est particulièrement défaillante. Présentement on peut entendre un peu tout le monde se lamenter de la performance, ma foi plutôt modeste, de nos athlètes depuis le début des jeux, pendant que l'on voit les athlètes de l'Oncle Sam d'a côté (probablement dopés dans la moitié des cas) rafler encore une fois une récolte foisonnante de médailles, Michael Phelps (dit Kid Olympic) en tête. Seulement, le problème, c'est que dans un pays qui n'en a que pour notre hockey de sport national, les autres disciplines sportives, et particulièrement l'athlétisme, font figure de négligées, et qui dit négligées dit manque de subventions de la part des différents organismes inhérents et une lacune flagrante au niveau des infrastructures. Mais eille chose !!! On veut des médailles !!!!

On veut des médailles aussi, parce que c'est les JO qui compte. On s'en fout qu'Alexandre Despatie a remporté une pléiade de championnats mondiaux, même chose pour le skieur Éric Guay. Sérieusement, qui ici, vous, moi, les autres, sont au courant des exploits hors-olympiades de "nos" athlètes ? Je vous met au défi ! En bout de ligne, on s'en tape, on s'en tamponne, ON VEUT DES MÉDAILLES !!!!

Et voilà toute l'ironie des Jeux Olympiques pour les athlètes. Se voir observé de près à tous les quatre ans par leurs nations respectives, nations dont les gens n'ont que faire de leurs faits d'armes entre deux olympiades. De pauvres gens devant travailler d'arrache-pied et suer à l'entraînement pour pouvoir bénéficier, peut-être, d'un quinze minutes de gloire, pour retomber peu à peu dans l'oubli. Au fait, qu'est-ce que Gaétan Boucher fait de bon ces jours-ci ? Et tiens, Sylvie Fréchette a complètement disparu de la circulation. Enfin, c'est toujours mieux que Myriam Bédard qui continue à faire parler d'elle en ayant perdu la boule !

Quand même, pourquoi bouder son plaisir ? Nous n'en avons que faire que la Georgie est présentement bombardée allègrement, mis à feu et à sang, par l'ours russe. "The show must go on", comme disent encore une fois les anglos, aidés de tous ces commentateurs télé arborant tous le même sourire figé ! Faut croire qu'ils ont saisi quelque chose que je n'ai pas décelé...

dimanche 10 août 2008

The Dark Knight (2008)

Réal : Christopher Nolan. 
J'ai profité justement des vacances pour aller constater de visu si tout le bien que l'on disait du blockbuster de l'été était vrai. Eh bien pour une fois, les commentaires dithyrambiques sont justifiés. The Dark Knight est une superbe machine bien huilée porté par la mise en scène éblouissante de Chris Nolan et par un Christian Bale très solide qui nous fait facilement oublier tous les Batman précédents. Et puis, comment passer à côté de la performance de feu Heath Ledger en Joker ? Ledger est tout simplement magistral dans la peau du criminel. Son Joker est à la fois fascinant et inquiétant, d'un diabolisme tout simplement exquis, et où les pitreries de Jack Nicholson dans le Batman de Tim Burton paraissent futiles et déplacées. Ici, aucune place au cabotinage et à la pantalonnade, l'univers du chevalier noir de Nolan en est un sombre, tourmenté, sinistre et glauque, et le réalisateur n'hésite pas à insuffler une bonne dose de profondeur aux protagonistes de son dernier bébé. Les amateurs du genre seront tout de même bien servis par de nombreux morceaux de bravoure et par une pléiade de séquences spectaculaires bien troussées. Une valeur sûre !

C'est reparti !

Eh oui, me revoiçi qui reprend du service au plaisir de mes quatre ou cinq lecteurs assidus. Pourquoi ce silence ? Tout simplement dû à un excès de paresse causé par des vacances longtemps attendues et fortement appréciées. Alors maintenant je reprends le collier et je m'efforcerai de rendre mes interventions plus régulières à l'avenir.

Au plaisir !

samedi 28 juin 2008

Peeping Tom (1959)

Réal : Michael Powell
Un jeune caméraman déséquilibré se complaît à filmer ses propres meurtres pour mieux observer la peur de ses victimes. Je n'avais jamais vu PEEPING TOM. Connaissant de réputation le film-culte de Michael Powell, demi-dieu du cinéma anglais, et depuis le temps que l'on m'en parle, c'est maintenant chose faite alors que j'ai fait l'achat de l'édition Criterion tout récemment. Powell a en quelque sorte révolutionné le thriller avec ce film, racontant le récit du point de vue du (anti) héros, tout en filmant les séquences-choc d'un point de vue subjectif (l'objectif de la caméra). Il s'ensuit une description très sinistre et morbide d'un cas de déséquilibre mental qui est bien rendu par l'interprétation de Carl Boehm. Et surtout, Powell filme le tout avec une splendide maestria, tout en ne tombant jamais dans la complaisance, et en traitant son sujet avec tout le sérieux qu'il mérite. Malgré tout, le film reçu un accueil glacial à sa sortie à l'époque et provoqua la fureur du public et de la critique britannique. À tel point que Michael Powell dut mettre fin à sa carrière et ensuite s'exiler illico presto en Australie afin de se faire oublier, jusqu'à ce que la génération suivante de cinéastes, Martin Scorsese en tête, rétablisse la réputation du film et de son cinéaste, en permettant à un nouveau public de savourer pleinement ce petit joyau de thriller psychologique.

mardi 24 juin 2008

Bonne St-Jean !

Ah, la St-Jean....
La seule journée dans l'année où la fibre nationaliste brille de tous ses feux. Où on troque le dernier Radiohead pour les rigodons des Cowboys Fringants, armé d'une bonne caisse de 12 de n'importe quelle bière Unibroue, le tout drapé dans le fleurdelisé, prêt à éructer d'une voix éraillé par l'alcool son amour de la patrie. Oui, monsieur !!!

Alors fêtez bien, bonnes gens, mais surtout... soyez tout de mêmes prudents avec les substances illicites ! :)

lundi 23 juin 2008

The Prestige (2006)

Réal : Christopher Nolan.
Entre ses deux Batman (BATMAN BEGINS et THE DARK KNIGHT) Christopher Nolan s'est attelé à cette petite étude de la magie fort stimulante qui a malheureusement eu le malheur d'être sortie sur les écrans peu après THE ILLUSIONIST, duquel il est resté quelque peu dans l'ombre. Avec une intrigue à prime abord très simple et convenue (la rivalité opposant deux magiciens dans le Londres de l'époque victorienne), Nolan nous offre une fresque éminemment complexe jouant sur plusieurs tableaux et se plaisant constamment à triturer les procédés narratifs, tout cela aidé d'une somptueuse mise en scène où le travail de photographie de Wally Pfister fait des merveilles. Et qui plus est, Christian Bale prouve encore une fois ici qu'il est l'un des meilleurs acteurs de la relève et Hugh Jackman tire bien son épingle du jeu. À surveiller la présence du toujours fiable Michael Caine ainsi qu'une apparition brève mais remarquée de David Bowie.