Ah, les Jeux Olympiques...
Oui, nous revoici trempé dans l'atmosphère des JO, grande célébration mondiale sur fond de paix et fraternité. Du moins c'était les intentions de Pierre De Coubertin, lorsqu'il fonda les Jeux Olympiques modernes, tenus pour la première fois à Athènes en 1896. Bien des choses ont changé depuis. Scrutons cela à la loupe un moment...
Pékin 2008. Les JO sont maintenant à l'image de la civilisation des années 2000. Un immense spectacle pompeux destiné surtout à flatter l'ego des dirigeants de diverses nations, d'une part (et particulièrement ceux du G8), et d'autre part, et TRÈS IMPORTANT, afin de servir les divers intérêts de ceux-ci. Il n'y a qu'à constater tous les aspects économiques en jeu : partenariats, commandites, publicités et j'en passe et des meilleures. Vraiment, pourquoi croyez-vous que le CIO s'est rabaissé à allouer la tenue des JO cette année au sein d'un pays qui fait fi ouvertement des droits universels de l'homme ? Un pays dont le régime politique est on ne peut plus dictatorial ? Simple : "Follow the money" comme disent les anglos-saxons à l'esprit si pragmatique. Un pays en plein milieu d'une croissance économique faramineuse, la Chine est tout simplement l'endroit tout indiqué pour conglomérats et corporations de toutes sortes pour brasser de grosses affaires, et quoi de mieux que les JO comme porte d'entrée...
Qu'en est-il de l'esprit sportif dans tout cela ? "L'important c'est de participer" est une des principales devises olympiques, visant tout d'abord à réunir les diverses nations en un point rassembleur. Pourtant, l'esprit de compétition est maintenant tellement appuyé aux JO que celles-ci s'en voient d'autant plus divisés. Oh, bien sûr, il y a bien les politesses d'usage, les convenances empreintes d'une empathie un tant soi peu affectée, mais entre vous et moi, et étant donné l'heure tardive propice à la réflexion, il est d'aise de soulever la possibilité qu'il y ait un brin de soif de gloire et de conquête qui animent les coeurs de tous ces athlètes et entraîneurs. Parlons-en aux trop nombreux athlètes qui se sont fait prendre la main dans le sac par divers cas de dopage.
Mais qu'à cela ne tienne, monsieur et madame tout-le-monde veut des médailles afin de pouvoir bomber le torse, comme pour se dire "Eille, c'est un ti-gars (ou tite-fille, c'est selon) de chez nous, ça!" Il y a bien les médaillés d'or qui bénéficient de toute cette attention, mais qu'en est-il des autres ? Ceux-ci sont les plus grands perdants de toute l'affaire, et ce à partir des médaillés d'argent. On se rappelle toujours des médaillés d'or. Les médaillés d'argent la moitié du temps. Les médaillés de bronze.... mmmm, c'est un peu plus difficile. Quant aux autres....
D'ailleurs, la situation du sport olympique au Canada est particulièrement défaillante. Présentement on peut entendre un peu tout le monde se lamenter de la performance, ma foi plutôt modeste, de nos athlètes depuis le début des jeux, pendant que l'on voit les athlètes de l'Oncle Sam d'a côté (probablement dopés dans la moitié des cas) rafler encore une fois une récolte foisonnante de médailles, Michael Phelps (dit Kid Olympic) en tête. Seulement, le problème, c'est que dans un pays qui n'en a que pour notre hockey de sport national, les autres disciplines sportives, et particulièrement l'athlétisme, font figure de négligées, et qui dit négligées dit manque de subventions de la part des différents organismes inhérents et une lacune flagrante au niveau des infrastructures. Mais eille chose !!! On veut des médailles !!!!
On veut des médailles aussi, parce que c'est les JO qui compte. On s'en fout qu'Alexandre Despatie a remporté une pléiade de championnats mondiaux, même chose pour le skieur Éric Guay. Sérieusement, qui ici, vous, moi, les autres, sont au courant des exploits hors-olympiades de "nos" athlètes ? Je vous met au défi ! En bout de ligne, on s'en tape, on s'en tamponne, ON VEUT DES MÉDAILLES !!!!
Et voilà toute l'ironie des Jeux Olympiques pour les athlètes. Se voir observé de près à tous les quatre ans par leurs nations respectives, nations dont les gens n'ont que faire de leurs faits d'armes entre deux olympiades. De pauvres gens devant travailler d'arrache-pied et suer à l'entraînement pour pouvoir bénéficier, peut-être, d'un quinze minutes de gloire, pour retomber peu à peu dans l'oubli. Au fait, qu'est-ce que Gaétan Boucher fait de bon ces jours-ci ? Et tiens, Sylvie Fréchette a complètement disparu de la circulation. Enfin, c'est toujours mieux que Myriam Bédard qui continue à faire parler d'elle en ayant perdu la boule !
Quand même, pourquoi bouder son plaisir ? Nous n'en avons que faire que la Georgie est présentement bombardée allègrement, mis à feu et à sang, par l'ours russe. "The show must go on", comme disent encore une fois les anglos, aidés de tous ces commentateurs télé arborant tous le même sourire figé ! Faut croire qu'ils ont saisi quelque chose que je n'ai pas décelé...